Intellectuels : les ombres changeantes de Mai 68
RésuméLe mouvement de Mai 68 a pour effet de révéler et de radicaliser une crise de légitimité des intellectuels. Les multiples interprétations élaborées par ces deniers cristallisent cependant des représentations du mouvement à travers lesquelles les intellectuels vont restructurer leurs engagement...
Na minha lista:
| Autor principal: | |
|---|---|
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2008
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | RésuméLe mouvement de Mai 68 a pour effet de révéler et de radicaliser une crise de légitimité des intellectuels. Les multiples interprétations élaborées par ces deniers cristallisent cependant des représentations du mouvement à travers lesquelles les intellectuels vont restructurer leurs engagements dans l’après-Mai 68 pour tenter de reconstruire une figure légitime de l’« intellectuel engagé ». Après la forte polarisation exercée par les groupes « gauchistes » et la lecture révolutionnaire de Mai 68, c’est cependant la quête de l’autonomie qui inspire cette redéfinition, notamment à travers la figure de l’« intellectuel spécifique » de Michel Foucault. Cette volonté d’autonomie débouche, à partir du milieu des années 1970, sur la rupture avec les grands paradigmes de l’engagement radicalisé en Mai 68 : le marxisme, le tiers-mondisme, l’anticapitalisme. Ce « désengagement » des clercs se poursuit, à partir de la deuxième moitié des années 1980 par le retour critique sur les aspects plus culturels et sociétaux de Mai 68. À partir du milieu des années 1990, la montée d’une contestation antilibérale s’accompagne de la résurgence de thématiques héritées de Mai 68 au point que, quarante ans après, Mai 68 projette encore son ombre sur les débats intellectuels, redevenant même un enjeu du positionnement droite-gauche. |
|---|