Fêtes nationales et régime dictatorial au Brésil

Résumé— Le régime militaire brésilien (1964-1985) repose selon l’historiographie dominante sur la « doctrine de la Sécurité nationale », qui suppose l’imminence d’une guerre révolutionnaire contre le communisme. Cette interprétation univoque omet l’importance d’une culture politique de longue durée...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Chirio, Maud
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2006
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Résumé— Le régime militaire brésilien (1964-1985) repose selon l’historiographie dominante sur la « doctrine de la Sécurité nationale », qui suppose l’imminence d’une guerre révolutionnaire contre le communisme. Cette interprétation univoque omet l’importance d’une culture politique de longue durée des militaires au pouvoir, où l’armée est présentée comme historiquement modératrice du jeu politique et protectrice de la Nation contre les extrêmes, ce qui situe le coup d’État dans la continuité de l’histoire nationale. 1964 est donc moins une rupture qu’un aboutissement, celui d’un « destin de grandeur » du Brésil dont l’armée est le garant. Cette image du rôle de l’armée brésilienne est la base d’une stratégie de légitimation historique et nationale du régime militaire. Elle se traduit par un ensemble de politiques symboliques étudiées dans cet article, notamment la sacralisation des symboles nationaux et une inflation sans précédent des célébrations des fêtes patriotiques telle que la commémoration de l’indépendance. Celles-ci ont pour rôle, outre de placer le régime dans la tradition nationale, de construire l’image paradoxale d’un pouvoir démocratique et populaire. L’étude de la mise en scène des commémorations de l’indépendance permet donc de mieux comprendre l’ambiguïté de la dictature brésilienne : justifiée par la supériorité morale et intellectuelle des militaires, seuls à même de guider la nation, elle ne parvient pas à se départir d’une légitimation démocratique et populaire.