Éléments de discussion sur « l’espace de discussion dans/sur le travail »

L’article critique dans la notion d’« espaces de discussion sur le travail » l’absence d’une perspective explicite sur le langage, laissant croire qu’il est possible d’accéder au travail réel sur la base d’un « échange d’opinions ». À cette conception prônée dans un document de référence de l’Anact,...

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Auteur principal: Castejon, Christine
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2020
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:L’article critique dans la notion d’« espaces de discussion sur le travail » l’absence d’une perspective explicite sur le langage, laissant croire qu’il est possible d’accéder au travail réel sur la base d’un « échange d’opinions ». À cette conception prônée dans un document de référence de l’Anact, et donc répandue par le biais méthodologique, l’auteur oppose la nécessité de penser le langage comme un échange entre des subjectivités. C’est à cette condition qu’il peut y avoir un lien entre ce qui se dit du travail et ce qui s’y fait réellement. Si l’on n’ancre pas la discussion sur le travail dans le travail tel qu’il se réalise, prenant le temps de l’analyse et de son partage, les « espaces de discussion » deviennent des endroits où ne peuvent se discuter que les questions autorisées et les problèmes qui ne fâchent personne, surtout pas le management. A contrario, l’affirmation d’une volonté de discussion suppose de sortir d’une définition a priori de ce qu’il y a à discuter. Si l’on est conséquent avec l’idée que l’écoute du travail réel, et donc de ceux et celles qui le font, est aujourd’hui un objet manquant, on ne peut pas limiter le chemin que va parcourir une question née d’une situation de travail. Si les espaces de discussion servent à inculquer l’idée inverse, ces espaces au pis sont nocifs, au plus probable rejoindront d’autres tentatives aujourd’hui diluées. Le risque n’est pas qu’ils égarent durablement leur monde, il est plutôt que, à force, on perde confiance dans tout espoir et toute tentative de discussion.