Prise de parole par correspondance : les échanges épistolaires des ouvriers saint-simoniens au XIXe siècle
L’article développe une réflexion sur la relation entre travail et langage à partir de l’analyse d’une pratique sociale d’écriture mise en œuvre par des ouvriers au xixe siècle. Le corpus de cette analyse comprend les échanges épistolaires du menuisier saint-simonien Louis Gabriel Gauny, poète et p...
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| المؤلف الرئيسي: | |
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| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
2020
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | L’article développe une réflexion sur la relation entre travail et langage à partir de l’analyse d’une pratique sociale d’écriture mise en œuvre par des ouvriers au xixe siècle. Le corpus de cette analyse comprend les échanges épistolaires du menuisier saint-simonien Louis Gabriel Gauny, poète et philosophe « plébéien », découvert et ainsi défini par Jacques Rancière, avec d’autres poètes-ouvriers de cette communauté. Genre à la fois intime et public au xixe siècle, en particulier parmi les ouvriers saint-simoniens, la correspondance permet à la fois un travail quotidien sur le langage et une mise en scène du rapport du travailleur à son métier. Cet espace ordinaire d’écriture, par ailleurs codé, interagit avec une forme d’expression moins ordinaire, telle que la poésie, pour raconter leur vie et leurs aspirations artistiques. Leur façon d’employer la parole écrite est influencée par une pensée pratique acquise et développée au travail. L’interaction épistolaire montre aussi un travail d’écriture en collaboration et de construction d’un langage privé. En altérant le sens des mots, la parole ouvrière se donne à voir sans se dévoiler entièrement. |
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