La Croix du Christ et le rapatriement de toute chair. Le rite ouessantin de proella
L’épreuve de la perte des corps, quand elle s’ajoute au deuil, creuse des abysses dans la chair des survivants. La pandémie à laquelle nous sommes confrontés depuis deux ans a fait ressurgir pour nombre de nos contemporains l’angoisse ancestrale d’avoir dû laisser l’aimé mourir seul et de n’avoir pa...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2022
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | L’épreuve de la perte des corps, quand elle s’ajoute au deuil, creuse des abysses dans la chair des survivants. La pandémie à laquelle nous sommes confrontés depuis deux ans a fait ressurgir pour nombre de nos contemporains l’angoisse ancestrale d’avoir dû laisser l’aimé mourir seul et de n’avoir pas pu reconnaître son corps. Il y a plusieurs siècles, pour des raisons bien différentes liées aux dangers de la mer, les habitants de l’île d’Ouessant, en Finistère, ont cherché à trouver des rites et des objets capables de les aider à traverser l’épreuve de la disparition de leurs marins. Dans cette étude, nous chercherons à comprendre les mécanismes qui ont pu conduire cette population insulaire à choisir de petites croix de cire – les croix de proella – pour symboliser les corps des disparus dans une sorte de rite de rapatriement. Ce geste pauvre, ancré dans la parole donnée du Christ, ramène les chrétiens au Mystère dans lequel s’entrecroisent et se lient le « non-lieu » de la disparition et la « lieu-tenance » du Crucifié. |
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