Politique de réinsertion professionnelle et surmoi collectif

Nous assistons à l’influence croissante, défavorable de l’idéologie de l’économie de marché et de « sa valeur travail » sur la subjectivité des individus, qui est modifiée dans ses trois dimensions : topique, économique et dynamique. Cette économie impose en effet aux individus son surmoi collectif...

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Auteur principal: Monneret, Claude
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2020
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Nous assistons à l’influence croissante, défavorable de l’idéologie de l’économie de marché et de « sa valeur travail » sur la subjectivité des individus, qui est modifiée dans ses trois dimensions : topique, économique et dynamique. Cette économie impose en effet aux individus son surmoi collectif dans les secteurs de l’entreprise et de la politique, mais aussi dans le champ de la santé mentale où ses concepts s’appliquent. Les valeurs de l’économie de marché infiltrent le discours et les pratiques des soignants et l’on voit se développer des pratiques thérapeutiques de réhabilitation professionnelle, rééducatives et adaptatives, cognitivo-comportementales. Si la valeur du travail dans la vie du sujet n’est plus à démontrer, la demande faite aux soignants de réadapter au milieu professionnel les patients présentant des troubles psychiques est à questionner. De même, on peut déplorer la conception réductrice de la psyché et la théorie réifiante du sujet, qui sous-tendent des pratiques qui méconnaissent la dimension inconsciente des symptômes. Le discours circonscrit au conscient, au réel, subvertit le sujet de l’énonciation et l’intersubjectivité. Le sujet du moi et du conscient risque de remplacer le sujet freudien, sujet du désir, dans le champ de la santé mentale.