La Shoah et le piège du mal
User du terme de Mal est un piège moderne qui ferait supposer répondre enfin au pourquoi de la Shoah. Le crime contre l’humanité est événement, et il ne le serait pas encore, car c’est une transmission brisée, brisée tant l’attaque de la mort a une magnitude sans précédent. Meurtre de la mort. L...
Wedi'i Gadw mewn:
| Prif Awdur: | |
|---|---|
| Fformat: | Article ou chapitre numérique |
| Iaith: | Français |
| Cyhoeddwyd: |
2005
|
| Pynciau: | |
| Mynediad Ar-lein: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Crynodeb: | User du terme de Mal est un piège moderne qui ferait supposer répondre enfin
au pourquoi de la Shoah. Le crime contre l’humanité est événement, et il ne le serait pas
encore, car c’est une transmission brisée, brisée tant l’attaque de la mort a une magnitude
sans précédent. Meurtre de la mort.
L’attaque de la mort la change. Elle devient objet. Aujourd’hui nous voisinons avec une
telle abjection un peu plus qu’avant, qu’on veuille le reconnaître ou non. La pratique du
lien social, ou de celui du couple, montre cette difficulté. Cela fait retour dans les cures analytiques sous la forme de : comment ne pas abîmer plus son corps. C’est pourquoi l’analysant
tient à se faire entendre pour se situer face au changement du rapport à la monstruosité, ayant
pour conséquence une autre agressivité sociale, forme autre de canaillerie désormais
s’ajoutant à celles d’avant. Comme si le complexe d’Œdipe, le meurtre pour le père, l’inceste
pour la mère, étaient atteints.
La magnitude des crimes dans la Shoah montre que la loi est devenue entièrement
criminelle, au point de briser la transmission de la loi, et aboutir à une désupposition de la
langue comme porteuse de valeurs : la mort, la vie, la jouissance, le lien social.
Aujourd’hui tout se passe comme si un névrosé était dans la quasi impossibilité de ne
pas devenir psychanalyste... Comment tenir quelque bout de réel de ce qui s’est passé dans
l’histoire, sinon en essayant d’en entendre « quelque chose », du fait de devenir psychanalyste lui-même. |
|---|