La pensée est-elle apatride ?
En tant qu’activité qui a sa fin en soi, la pensée théoricienne se met elle-même spontanément hors du monde. Abstraire implique de s’arracher à la quotidienneté, et de créer un entourage propice à cette néo-réalité que la pensée joue à construire. On reprendra ici les propos d’Aristote qui définit...
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| 1. Verfasser: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
2002
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| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | En tant qu’activité qui a sa fin en soi, la pensée théoricienne se met elle-même spontanément hors du monde. Abstraire implique de s’arracher à la quotidienneté,
et de créer un entourage propice à cette néo-réalité que la pensée joue à construire. On
reprendra ici les propos d’Aristote qui définit la vie de l’esprit (Bios theorèticos) comme
une vie d’étranger (Bios xenikos) pour souligner que ce trait est de toutes les époques et
de toutes les cultures.
Mais face à cette extraterritorialité propre à l’intellect se dresse la situation concrète
de ceux qui en sont les acteurs: que devient la pensée, qui se meut parmi les universaux,
lorsque le penseur est arraché à ses repères familiers, plongé dans un bain de langage
étranger, bref exilé? La situation des psychanalystes contraints à l’exil par la montée du
nazisme est-elle comparable à celle d’Érasme ou de Spinoza qui constituaient autour
d’eux un monde de la pensée en se déplaçant d’un pays à l’autre?
On envisagera ici les destins de la psychanalyse en exil non seulement à partir du
développement de la théorie, mais aussi vis-à-vis de la pratique clinique et de l’audience
que cette nouvelle approche du psychisme pouvait trouver dans le public. |
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