Les paradoxes du manque. Sémantique et syntaxe du verbe manquer

Ce travail décrit les deux principaux usages du verbe français manquer. Dans le premier, manquer est un prédicat existentiel, intensionnel négatif à deux arguments : un possesseur / lieu et un thème. Il combine le concept d’absence (insuffisance) avec une négation et une modalité, elle-même relati...

Ausführliche Beschreibung

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Bibliographische Detailangaben
1. Verfasser: Van de Velde, Danièle
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2018
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Ce travail décrit les deux principaux usages du verbe français manquer. Dans le premier, manquer est un prédicat existentiel, intensionnel négatif à deux arguments : un possesseur / lieu et un thème. Il combine le concept d’absence (insuffisance) avec une négation et une modalité, elle-même relative à une fin (en gros, quelque chose est absent qui devrait être là pour qu’une certaine entité, ou un ensemble, soit complet). Dans ce premier usage, manquer peut apparaître dans deux structures syntaxiques distinctes correspondant chacune à un sens légèrement différent. En examinant les propriétés de ces deux structures, on découvre que le sens du verbe dans cet usage est loin d’être totalement négatif : en réalité, il signifie qu’il y a quelque chose qui ne suffit pas, l’absence n’étant que le cas limite de l’insuffisance, les deux constructions différant seulement en ce que l’une mesure l’insuffisance, que l’autre ne mesure pas. Dans son second usage, le verbe est un prédicat psychologique à deux arguments dont l’un au lieu d’être un possesseur / lieu est un expérienceur, l’autre toujours un thème. Il dénote un état psychologique dans lequel l’absence de quelque chose ou de quelqu’un affecte négativement quelqu’un. Le référent du thème devant alors être bien défini, l’usage du verbe n’est plus existentiel mais prédicatif. Les deux usages de manquer mettent en jeu les mêmes composants conceptuels, mais la question de savoir s’il faut dériver l’un de l’autre ou y voir deux emplois d’emblée distincts est laissée ouverte.