Forces centripète et centrifuge. Autour du complément circonstanciel dans dans la grammaire « traditionnelle » de la première moitié du XXe siècle

Résumé Dans cette contribution nous esquissons le sort du complément circonstanciel dans la grammaire française de la première moitié du XXe siècle en identifiant les facteurs qui ont déterminé son analyse. En empruntant une image à la physique, on peut dire que l’histoire de la notion de complément...

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Päätekijä: Lauwers, Peter
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2002
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Résumé Dans cette contribution nous esquissons le sort du complément circonstanciel dans la grammaire française de la première moitié du XXe siècle en identifiant les facteurs qui ont déterminé son analyse. En empruntant une image à la physique, on peut dire que l’histoire de la notion de complément circonstanciel ressemble à un jeu de forces où interviennent des forces centripètes et centrifuges. En effet, le circonstanciel a tantôt été rapproché des fonctions « centrales » (par rapport au verbe-prédicat), tantôt éloigné du verbe-prédicat, au point d’être situé à la périphérie de la proposition, pour ne pas dire « hors proposition ». Le critère syntaxique [± essentiel] qui sous-tend le mouvement centripète (le cc est essentiel, tout comme le complément d’objet), et, qui, de nos jours, culmine dans l’application du modèle valenciel, a cependant été entravé par le poids du contenu (sémantique et informatif/stylistique) dans l’analyse traditionnelle, un facteur qui avait favorisé un mouvement centripète antérieur. Vers la même époque, la grammaire traditionnelle est en passe de reconnaître les compléments (ou adverbes) de phrase, ce qui annonce le mouvement centrifuge qui a mené à la fragmentarisation de la classe des circonstants en fonction du critère de la portée. Si ce changement ne mène pas d’emblée à l’éclatement de la classe, c’est en partie parce que les adverbes (en emploi circonstanciel) et les compléments circonstanciels (= la fonction syntaxique) étaient souvent dissociés. Ce constat étrange s’explique par une conception purement nominale du complément, qui a partie liée avec la distinction sémantico-logique entre détermination et identité et qui s’inscrit dans une tradition grammaticale dominée par ce que nous avons appelé une approche catégorielle et ascendante ( bottom-up) des fonctions syntaxiques.