Une vulnérabilité dévoyée : le paradoxe entre discours et réalité du travail des femmes au sein d’une Scop industrielle

Les sociétés coopératives et participatives (Scop) se présentent comme une alternative démocratique à l’organisation inégalitaire du travail. Pourtant, l’étude d’une Scop industrielle rend compte sur le long terme d’une justification de la relégation des femmes à des postes définis par leur « petite...

Ausführliche Beschreibung

Gespeichert in:
Bibliographische Detailangaben
Veröffentlicht in:Travail, genre et sociétés | 50 | 2 | 2023-10-24 | p. 117-134 | 1294-6303
1. Verfasser: Reichhart, Ada
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2023
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Les sociétés coopératives et participatives (Scop) se présentent comme une alternative démocratique à l’organisation inégalitaire du travail. Pourtant, l’étude d’une Scop industrielle rend compte sur le long terme d’une justification de la relégation des femmes à des postes définis par leur « petitesse », par une essentialisation de leur vulnérabilité entendue comme fragilité des corps. Or, comme le concède paradoxalement l’ensemble des salarié·e·s, les postes occupés par les femmes se révèlent être parmi les plus pénibles. Ce processus d’invisibilisation du travail laborieux des femmes concourt à un dévoiement de la notion de vulnérabilité dont la déconnection avec le vécu est source de tensions. Le résultat est une contradiction entre la représentation sociale de la vulnérabilité et la réalité de l’usage et de l’exposition des corps dans une entreprise où cette dimension est pourtant essentielle, venant mettre en cause de façon sous-jacente la promesse démocratique de la Scop.