Existe-t-il un « avantage lesbien » dans les professions dominées par les hommes ? Une analyse intersectionnelle

On suggère parfois que les travailleuses lesbiennes bénéficieraient d’un « avantage » par rapport à leurs consœurs hétérosexuelles : elles auraient des salaires plus élevés, seraient perçues comme plus compétentes et seraient moins souvent la cible d’attentions sexuelles non désirées et de harcèleme...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:Travail, genre et sociétés | 49 | 1 | 2023-04-12 | p. 27-44 | 1294-6303
Auteurs principaux: Wright, Tessa, Beaujard, Marion
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2023
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:On suggère parfois que les travailleuses lesbiennes bénéficieraient d’un « avantage » par rapport à leurs consœurs hétérosexuelles : elles auraient des salaires plus élevés, seraient perçues comme plus compétentes et seraient moins souvent la cible d’attentions sexuelles non désirées et de harcèlement sexuel. Cet article s’interroge sur l’existence d’un tel avantage en se basant sur des enquêtes qualitatives comparant l’expérience de femmes lesbiennes et hétérosexuelles employées dans trois secteurs à prédominance masculine au Royaume-Uni : les sapeurs-pompiers, la construction et les transports. Parmi les femmes ouvertement lesbiennes qui travaillent dans ces environnements de travail masculins, certaines parviennent effectivement à s’intégrer plus facilement aux cultures masculines et à éviter les interactions sexuelles non désirées. D’autres facteurs viennent toutefois compliquer l’expérience de ces femmes, notamment la génération, la classe sociale et la culture organisationnelle. En outre, ces avantages se limitent aux lesbiennes qui sont à l’aise avec les formes de comportement que l’on peut qualifier de « virilistes », ce qui n’est pas le cas de bon nombre d’entre elles. Ces résultats soulignent donc la nécessité d’adopter une approche intersectionnelle afin de mettre en évidence les relations entre genre, sexualité et classe sociale.