Des femmes si privilégiées ? La fatigue d’être servi·e par des domestiques

Alors qu’elles ont à leur service un·e, deux, trois, voire plusieurs dizaines d’employé·e·s domestiques à temps plein qui servent au quotidien leur famille, les femmes très fortunées rencontrées lors d’une enquête portant sur le recours à la domesticité des grandes fortunes affirment consacrer un te...

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Опубликовано в: :Travail, genre et sociétés | 46 | 2 | 2021-10-28 | p. 115-131 | 1294-6303
Главный автор: Delpierre, Alizée
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: 2021
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Описание
Итог:Alors qu’elles ont à leur service un·e, deux, trois, voire plusieurs dizaines d’employé·e·s domestiques à temps plein qui servent au quotidien leur famille, les femmes très fortunées rencontrées lors d’une enquête portant sur le recours à la domesticité des grandes fortunes affirment consacrer un temps et une énergie non négligeables à la gestion de leur foyer. Réservé aux ménages plutôt aisés dans les contextes où ils embauchent, le recours à la domesticité est pourtant un privilège : les femmes délèguent le travail reproductif à d’autres pour s’adonner au travail productif, et/ou aux loisirs. Mais les plaintes des femmes rencontrées, particulièrement privilégiées, méritent d’être prises au sérieux : cet article vise à discuter le paradoxe de leur investissement domestique alors même qu’elles ont recours à une domesticité importante. Il remet en question le fait que ces femmes soient soulagées du travail reproductif d’une part, et qu’elles le soient autant que leurs époux d’autre part. En fait, l’article montre qu’employer du personnel recrée un partage inégal et pérenne des tâches entre hommes et femmes employeur·e·s, et ce, même lorsque ces dernières travaillent : aux premiers les transactions financières pour rémunérer les employé·e·s, et aux secondes le travail relationnel et émotionnel nécessaire à la sélection et à la supervision du personnel, beaucoup plus engageant.