Tous les féminismes sont-ils solubles dans l’éducation ?

La déconstruction des stéréotypes est devenue l’un des fils conducteurs les plus récurrents de la lutte contre les inégalités de genre dans le système scolaire. Il est possible de lire cette mesure comme relevant d’une inspiration féministe libérale ou « égalitaire ». Or, l’adoption des principes th...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:Travail, genre et sociétés | 42 | 2 | 2019-10-16 | p. 127-146 | 1294-6303
Auteurs principaux: Albenga, Viviane, Mozziconacci, Vanina
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2019
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:La déconstruction des stéréotypes est devenue l’un des fils conducteurs les plus récurrents de la lutte contre les inégalités de genre dans le système scolaire. Il est possible de lire cette mesure comme relevant d’une inspiration féministe libérale ou « égalitaire ». Or, l’adoption des principes théorico-politiques peut mener à un certain nombre d’impasses, qui sont directement liées à la conception du genre portée par ce modèle, focalisée sur les rôles sexués et sur l’échelle individuelle. Le féminisme matérialiste, en tant qu’il appréhende le genre comme système macrosocial diviseur et hiérarchisant, semble éviter ces apories théoriques qui caractérisent le modèle libéral. Toutefois, qu’en est-il de ses applications et de ses conséquences pratiques en matière d’éducation ? Nous verrons à travers l’étude d’un dispositif de prévention du sexisme mené par l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis que l’adoption du féminisme matérialiste par des éducatrices qui cherchent à promouvoir une éducation à l’égalité de genre les conduit à adapter celui-ci. Un certain nombre d’hybridations sont ainsi à l’œuvre en pratique, dans lesquelles sont combinées des perspectives féministes aux postulats pourtant clairement divergents.