Articuler écologie et féminisme dans les années 1970

Alors qu’on insiste le plus souvent sur l’absence d’un courant écoféministe en France et sur le peu d’engagement des Français·e·s dans le mouvement contre le nucléaire militaire des années 1980, l’approche localisée du Centre des Circauds, espace de formation à la non-violence créé au début des anné...

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Dans:Travail, genre et sociétés | 42 | 2 | 2019-10-16 | p. 71-87 | 1294-6303
Auteur principal: Cambourakis, Isabelle
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2019
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Alors qu’on insiste le plus souvent sur l’absence d’un courant écoféministe en France et sur le peu d’engagement des Français·e·s dans le mouvement contre le nucléaire militaire des années 1980, l’approche localisée du Centre des Circauds, espace de formation à la non-violence créé au début des années 1970, permet d’analyser la diffusion et l’imbrication du féminisme et de l’écologie dans des espaces en marge des mouvements sociaux. Cet article analyse tout particulièrement les camps d’été organisés en non-mixité par des femmes du Centre entre 1976 et 1978 et le rôle qu’ils ont joué dans l’émergence d’un mouvement féministe-pacifiste européen et dans la diffusion d’une sensibilité écoféministe qui adosse une critique des relations de genre à celle de la modernité, d’une médecine perçue comme masculine, de l’industrie pharmaceutique et du capitalisme. L’analyse de la presse écologiste et féministe comme des entretiens avec des ancien·ne·s des Circauds rend ainsi visible des pratiques féministes hétérodoxes et des bricolages du quotidien permettant de résoudre les contradictions de femmes qui, dans les années 1970, veulent faire tenir ensemble leurs différents engagements.