Cochères parisiennes, le risque en spectacle

À Paris, le 21 février 1907, plusieurs dizaines de photographes et de journalistes se bousculent pour être les premiers clients des deux premières femmes cochers de Paris. Dès 1906, les cochères, alors en apprentissage, suscitaient déjà maints reportages et devenaient des personnages de fiction da...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:Travail, genre et sociétés | 36 | 2 | 2016-11-17 | p. 37-59 | 1294-6303
Prif Awdur: Rennes, Juliette
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2016
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:À Paris, le 21 février 1907, plusieurs dizaines de photographes et de journalistes se bousculent pour être les premiers clients des deux premières femmes cochers de Paris. Dès 1906, les cochères, alors en apprentissage, suscitaient déjà maints reportages et devenaient des personnages de fiction dans les spectacles de revue, les dessins satiriques, les premiers films des sociétés Pathé et Gaumont. Cet article confronte cette prolifération d’archives visuelles et médiatiques sur « la femme cocher » à des archives d’état civil, du recensement, de la statistique municipale et de la préfecture de police, pour enquêter sur le processus par lequel ces femmes, souvent issues des classes laborieuses rurales, accédèrent à une corporation perçue comme masculine par sa composition statistique et son identité sociale. Le risque et la prouesse mis en scène dans ce spectacle des femmes cochers, essentiellement destiné à divertir un public bourgeois, sont alors confrontés à ce que risquaient effectivement ces travailleuses particulièrement visibles et exposées dans l’espace parisien, en tant que femmes minoritaires dans un métier masculin.