Les souffrances de la femme-quota

Cet article part d’un constat plutôt rare : en quelques années, le plus important des syndicats suisse – Unia – est parvenu à atteindre un degré élevé de féminisation de ses instances et de son personnel politique, alors même que 80 % de ses adhérent-e-s sont des hommes. Nous montrons d’abord, à par...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:Travail, genre et sociétés | 30 | 2 | 2013-10-01 | p. 33-51 | 1294-6303
Glavni autori: Monney, Vanessa, Fillieule, Olivier, Avanza, Martina
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2013
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Cet article part d’un constat plutôt rare : en quelques années, le plus important des syndicats suisse – Unia – est parvenu à atteindre un degré élevé de féminisation de ses instances et de son personnel politique, alors même que 80 % de ses adhérent-e-s sont des hommes. Nous montrons d’abord, à partir de données objectives, comment une politique volontariste de quotas, adossée à la nécessité de développer le secteur féminisé du tertiaire, se combine avec la professionnalisation du métier de syndicaliste pour rendre compte de ce succès. En changeant d’échelle, nous montrons ensuite, en nous appuyant sur des entretiens biographiques réalisés auprès de secrétaires syndicaux-ales, que la féminisation à marche forcée du syndicat génère également des effets pervers : fort turn-over du personnel féminin, burn out, stigmatisation de la « femme-quota », sexisme, difficile conciliation entre vie privée et vie professionnelle marquent en effet les carrières féminines à Unia. Nous soulignons alors les limites d’une politique volontariste de féminisation quand celle-ci ne s’accompagne pas d’un changement profond dans la culture organisationnelle du syndicat qui reste, aujourd’hui, profondément androcentrée.