Statistiques ethniques : tabous et boutades

RésuméLes tabous statistiques existent depuis toujours mais diffèrent selon les pays et les époques. En France, la polémique autour des statistiques dites « ethniques » est particulièrement intense. Ravivés notamment à l’occasion de la mise en place concrète d’une enquête de l’Ined, « Trajectoires e...

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Опубликовано в: :Travail, genre et sociétés | º 21 | 1 | 2009-02-01 | p. 55-68 | 1294-6303
Главный автор: Meron, Monique
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: 2009
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Описание
Итог:RésuméLes tabous statistiques existent depuis toujours mais diffèrent selon les pays et les époques. En France, la polémique autour des statistiques dites « ethniques » est particulièrement intense. Ravivés notamment à l’occasion de la mise en place concrète d’une enquête de l’Ined, « Trajectoires et origines » ( te o) sur les parcours de vie des immigrés et enfants d’immigrés, les débats sur cette question ont aussi rebondi face à la loi préparée par le ministre en charge de l’immigration et sont toujours très âpres. D’un côté, on trouve les convaincus du fait que mesurer et identifier les origines permettrait de mettre en évidence les discriminations et de lutter contre les inégalités de traitement liées à ces différences (éventuellement dans une logique d’encouragement à la discrimination positive). De l’autre, ceux qui perçoivent l’identification « ethno-raciale » comme contradictoire avec le principe républicain d’indifférenciation, mettent en avant le risque, en banalisant une vision ethnique de la société, de renforcer les stéréotypes racistes, aux dépens d’une analyse approfondie des inégalités sociales. Les catégories statistiques sont toujours des constructions sociales, particulièrement difficiles lorsqu’il s’agit de critères physiques et personnels aux frontières aussi floues et discutables que l’ethnie et/ou la couleur de peau. Peut-on poser n’importe quelle question dans une enquête statistique ? C’est un peu comme le dilemme des humoristes : peut-on rire de tout ?