Le corps féminin entre science et culpabilisation

RésuméCet article retrace l’émergence dans les discours scientifiques du début du siècle d’un nouveau objet, la "cellulite" et son apparition dans deux revues françaises des années trente,  Votre Beauté et Marie Claire. Il décrit comment la cellulite, avant d’être "inventée", n’...

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Julkaisussa:Travail, genre et sociétés | 12 | 2 | 2004-11-01 | p. 55-75 | 1294-6303
Päätekijä: Ghigi, Rossella
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2004
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Kuvaus
Yhteenveto:RésuméCet article retrace l’émergence dans les discours scientifiques du début du siècle d’un nouveau objet, la "cellulite" et son apparition dans deux revues françaises des années trente,  Votre Beauté et Marie Claire. Il décrit comment la cellulite, avant d’être "inventée", n’était que de la chair féminine adulte qui fut "localisée" par différents médecins tout le long du corps dans les endroits les plus divers (chevilles, régions abdominales, jusqu’à la nuque) et en quels termes ces endroits commencèrent à relever du "pathologique", devenant une marque de laideur à la fois corporelle et morale (dans la mesure où la cellulite naissait de la négligence de celles qui "se sont laissées aller"). Son but est précisément de montrer comment la croisade contre la "cellulite" a produit et reproduit une certaine construction du "féminin" et de quelle façon cette croisade s’intégrait bien avec l’idée de l’individu responsable de sa condition physique. La beauté n’est pas une grâce mais le signe visible d’un travail volontaire sur le corps ; l’article montre la culpabilisation morale liée à l’obésité pendant la période de l’entre-deux-guerres et examine les discours de l’époque qui ont esquissé l’image d’un corps féminin malsain et de sa dégénérescence, de l’intoxication due à la vie dans les grandes villes et au travail féminin, en se traduisant par une accusation contre la modernité même.