L’aiguille et l’écran

Entrecroisant les récits de vie de Farah, Jahia, Bernadette et Suzanne, cet article examine la pratique féminine du tissage artisanal à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et s’intéresse aux éléments qui fondent la communauté de pratique des « tisseuses ». Apparue au début du xxe siècle et ré...

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গ্রন্থ-পঞ্জীর বিবরন
প্রধান লেখক: Zabban, Vinciane, Guittet, Emmanuelle
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: 2022
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বিবরন
সংক্ষিপ্ত:Entrecroisant les récits de vie de Farah, Jahia, Bernadette et Suzanne, cet article examine la pratique féminine du tissage artisanal à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et s’intéresse aux éléments qui fondent la communauté de pratique des « tisseuses ». Apparue au début du xxe siècle et répandue à partir de la fin des années 1950, la pratique féminine du tissage au Burkina Faso repose sur un apprentissage intragénérationnel, délivré entre parentes ou voisines, et non pas sur un apprentissage intergénérationnel comme c’est le cas pour beaucoup d’artisanats ouest africains, notamment la pratique masculine du tissage. Durant de quelques mois à plusieurs années, cet apprentissage est dispensé gratuitement mais il engage une relation de réciprocité entre les artisanes, fondant une économie morale caractérisée par un partage continu d’informations et de savoirs et une entraide matérielle. La socialisation féminine accompagnant la pratique renforce le partage d’une expérience genrée et favorise ainsi l’identification à la communauté des « tisseuses ». La création d’associations formelles de tisseuses à partir des années 1980 établit et institutionnalise l’existence de ce collectif. Elle culmine avec la mise en place en 2017 d’une fédération nationale des tisseuses destinées à négocier avec les instances dirigeantes du gouvernement et de la Chambre des métiers de l’artisanat pour défendre les intérêts économiques et politiques de la communauté. Mettant en évidence une hiérarchie des modes de participation, ces dynamiques, allant d’une pratique structurée en association à une activité de tissage solitaire et irrégulière, donnent à voir une diversité et une hétérogénéité de profils et de formes d’engagement qui renforcent et renouvellent en même temps cette communauté de pratique.