Apprendre à coudre ou savoir consommer ?

Au début du xxe siècle se multiplient en France des publications illustrées destinées aux petites filles, en même temps éducatives et divertissantes. La rubrique la plus importante de ces journaux est celle dédiée aux travaux d’aiguille, qui sont, à cette époque, enseignés conjointement, à l’école...

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Auteur principal: Guillier, Béatrice
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2022
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Au début du xxe siècle se multiplient en France des publications illustrées destinées aux petites filles, en même temps éducatives et divertissantes. La rubrique la plus importante de ces journaux est celle dédiée aux travaux d’aiguille, qui sont, à cette époque, enseignés conjointement, à l’école et à la maison. L’objectif explicite de ces pages est de transmettre les connaissances techniques pour réaliser un modèle de vêtement, généralement en tricotant ou en cousant. Les petites réalisations sont souvent destinées aux poupées des fillettes, qui leur sont fournies par le journal comme prime d’abonnement. L’hebdomadaire propose également à l’achat les fournitures nécessaires à la réalisation des modèles, le patron mis à l’échelle ainsi que, parfois, le vêtement terminé. Les rubriques de travaux d’aiguille semblent ainsi constituer une incitation à la consommation, d’autant plus que leur contenu est difficilement accessible aux petites filles du fait de leur complexité et du peu de clarté des informations visuelles fournies. Les titres de presse pour petites filles possèdent en effet des liens commerciaux avec l’industrie du textile, et font produire les trousseaux de leurs poupées qui sont très coûteux par rapport au prix initial des poupons. Ces illustrés constituent une source privilégiée pour étudier le passage d’une injonction à la maîtrise technique qui pesait sur les femmes depuis leur plus jeune âge à une incitation à la consommation éclairée et libératrice qui domine à partir de l’après-guerre.