Ibn Khaldûn et la géopolitique

Ibn Khaldûn a développé une interprétation de l’histoire fondé sur la dialectique des espaces « bédouins », c’est-à-dire non soumis au pouvoir étatique, et des espaces sédentaires. Les sédentaires se consacrent à des activités productives qui les déshabituent de la guerre et doivent donc être proté...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
Glavni avtor: Martinez-Gros, Gabriel
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2026
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:Ibn Khaldûn a développé une interprétation de l’histoire fondé sur la dialectique des espaces « bédouins », c’est-à-dire non soumis au pouvoir étatique, et des espaces sédentaires. Les sédentaires se consacrent à des activités productives qui les déshabituent de la guerre et doivent donc être protégés par un État recrutant ses combattants parmi les « bédouins ». Ces derniers s’emparent bientôt de l’État, se sédentarisent et se désarment, ce qui amorce un nouveau cycle analogue au premier. La conception d’Ibn Khaldûn présente certaines analogies avec celle de Mackinder, mais relève d’abord de la sociologie alors que le géopoliticien britannique privilégie les facteurs techniques ; du reste, il ne cite pas Ibn Khaldûn. La géopolitique allemande ne semble pas non plus s’y être intéressée. En revanche, il a influencé René Grousset, Yves Lacoste et le général Gallois. Mais sa pensée a été rendue caduque par la révolution industrielle et la révolution démocratique, car le clivage entre combattants et producteurs a été aboli par l’avènement du citoyen-soldat. À cet égard, l’épuisement de la révolution industrielle et la crise de la démocratie sont peut-être en train de rebattre les cartes.