Les débuts du Centre d’analyse et de prévision : expertise et prospective au service de la politique étrangère (1973-1978)

En juillet 1973, un Centre d’analyse et de prévision (CAP) est créé au ministère des Affaires étrangères par Michel Jobert, avec à sa tête un jeune polytechnicien Thierry de Montbrial. Inspiré du modèle du Policy Planning Staff, né aux États-Unis dès 1947, le CAP a pour vocation de constituer une ce...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Jansen, Sabine
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2016
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:En juillet 1973, un Centre d’analyse et de prévision (CAP) est créé au ministère des Affaires étrangères par Michel Jobert, avec à sa tête un jeune polytechnicien Thierry de Montbrial. Inspiré du modèle du Policy Planning Staff, né aux États-Unis dès 1947, le CAP a pour vocation de constituer une cellule d’aide à la décision au service du ministre, auquel il est directement rattaché. Il s’agit, dans l’esprit de son premier chef et de son adjoint Jean-Louis Gergorin, de forger un outil d’analyse stratégique, susceptible d’évaluer différents scénarios en termes de coûts et d’avantages et de faire des propositions permettant d’anticiper les grandes évolutions dans le domaine international. L’idée d’un organe dédié à l’expertise prospective au Quai est ancienne, toutefois les choix faits pour sa mise en œuvre vont soulever de nombreuses difficultés, le Département étant, au moins au début, tenu à l’écart. Le contexte international, marqué par les prolongements du Plan Werner, le Tokyo Round, la guerre du Kippour, le premier choc pétrolier et  la Conférence d’Helsinki, favorise les activités du CAP, notamment sur les questions énergétiques, européennes et de défense. Modeste, la cellule de prévision va s’étoffer avec de jeunes diplomates et trouver progressivement sa place, en normalisant ses relations avec l’administration du Quai d’Orsay, même si les luttes internes restent vives. Délaissant le mot d’ordre de Michel Jobert visant à « articuler des pensées folles »,  le CAP fait évoluer sa production, devenue plus classique. Il constitue une indispensable interface entre milieux gouvernementaux et milieux académiques en France et à l’étranger, où il peut tisser des liens plus informels avec ses homologues et les nombreux think tanks, qui participent à l’élaboration d’une diplomatie intellectuelle en plein développement.