L’Artillerie d’assaut : évolution d’une organisation militaire (1915-1918)
En 1915-1916 l’armée française, incapable d’obtenir des victoires offensives et de rompre la ligne du front, fait face à une impasse tactique. Cette situation crée un besoin : celui d’explorer des voies nouvelles qui va s’exprimer par un foisonnement de la pensée militaire. Celle-ci va progressiveme...
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| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Français |
| יצא לאור: |
2016
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| נושאים: | |
| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | En 1915-1916 l’armée française, incapable d’obtenir des victoires offensives et de rompre la ligne du front, fait face à une impasse tactique. Cette situation crée un besoin : celui d’explorer des voies nouvelles qui va s’exprimer par un foisonnement de la pensée militaire. Celle-ci va progressivement conduire à l’invention du char d’assaut et à la constitution d’une nouvelle organisation : l’artillerie spéciale. Cette naissance sera douloureuse, et nécessitera l’action déterminante du colonel d’Estienne. Celui n’est pas un technicien mais un innovateur dont le talent est de réussir à réconcilier vision et réalité. Il pratique notamment la méthode du « raccourci », partant du principe qu’il est plus pertinent de mettre en service rapidement un engin imparfait qu’on perfectionnera en fonction des retours d’expérience, plutôt que de perdre un temps précieux en étude et développement. En outre, l’artillerie spéciale ne convainc pas d’emblée. Sans véritable doctrine, ses débuts au combat sont laborieux et nombre sont ceux, militaires mais également civils, intellectuellement résistants au changement et qui doutent de l’efficacité de cette nouvelle arme, gourmande en ressources et dont les résultats déçoivent. Tant et si bien qu’on songe à abandonner cette piste au profit de tracteurs d’artillerie. Seul l’appui du général Pétain, alors commandant en chef, viendra soutenir l’action d’Estienne. Un processus d’apprentissage rigoureux se met alors en place, par l’exercice systématique du retour d’expérience, la réflexion doctrinale et l’entraînement. Cette dynamique vertueuse lance un cycle d’innovation complémentaire, qui conduit à la diversification des types d’engins et au développement de modes d’action inédits. La fin de la guerre ralentira ce cycle, la méfiance à l’égard des chars d’assaut ne s’étant pas totalement dissipée. |
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