Josselin Monclar, Paradis perdus, Paris, L’Éditeur, février 2016, 310 p., 19 €.

L’homme moderne est celui qui est tenté par la maîtrise de la nature et par l’exploration des grandeurs qui le dépassent. Cet idéal de l’«  homme augmenté » fait percevoir la guerre comme génératrice de progrès, notamment technique. Ce progrès fait croître les capacités de l’homme à agir sur son env...

Celý popis

Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Hlavní autor: Zajec, Olivier
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2016
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:L’homme moderne est celui qui est tenté par la maîtrise de la nature et par l’exploration des grandeurs qui le dépassent. Cet idéal de l’«  homme augmenté » fait percevoir la guerre comme génératrice de progrès, notamment technique. Ce progrès fait croître les capacités de l’homme à agir sur son environnement, à tel point qu’au xxe siècle la guerre semble avoir atteint une de ses limites extrêmes. Les deux guerres mondiales ont fait découvrir l’impasse de la «  guerre totale », de la guerre poussée au maximum de l’escalade des moyens, en nombre et en masse. Le gigantisme de ces guerres est digne du «  sublime » kantien, et l’acmé est peut-être atteinte pendant la Guerre froide avec la menace de guerre nucléaire, guerre capable de mettre un terme à l’humanité toute entière. Mais cette recherche de l’infini progrès, de l’«  augmentation » perpétuelle ne s’est pas figée dans le gel de la Guerre froide. Elle semble avoir seulement changé de nature : de l’infiniment grand, elle se serait emparé de l’infiniment petit. Le xxe siècle aura été celui de la recherche des dimensions «  ultra » dans la guerre ; le xxie siècle serait celui de la recherche des dimensions «  infra » dans la guerre. Le Traité de nomadologie de Deleuze et Guattari, publié en 1980, donne par son approche du concept de guerre comme «  machine de guerre » quelques clés qui permettent de penser ce changement. Aujourd’hui, en effet, de «  nouveaux nomades des steppes » utilisent la technologie la plus moderne, et notamment Internet, pour passer «  sous notre garde » – celle de la dissuasion nucléaire et de la supériorité conventionnelle de l’État – et nous déclarer une guerre d’un genre nouveau