Pour une histoire transnationale des catégories de la pensée nucléaire

Cet article expose un programme de recherche transdisciplinaire qui retrace l’évolution des catégories fondamentales de la pensée stratégique liées à la présence d’armes nucléaires dans le monde. Il se saisit du paradoxe suivant dans l’histoire de la pensée nucléaire internationale : cette dernière...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Author: Pelopidas, Benoît
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2015
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Cet article expose un programme de recherche transdisciplinaire qui retrace l’évolution des catégories fondamentales de la pensée stratégique liées à la présence d’armes nucléaires dans le monde. Il se saisit du paradoxe suivant dans l’histoire de la pensée nucléaire internationale : cette dernière regorge d’affirmations péremptoires de changements radicaux, mais les catégories intellectuelles que politiciens et penseurs stratégiques contemporains utilisent pour comprendre les défis d’hier, d’aujourd’hui mais aussi de demain, sont souvent antérieures à ces “ révolutions”. Une approche historique permettra de saisir l’évolution du sens de ces catégories et soit de confirmer le paradoxe et d’en préciser le domaine d’application, s’il s’avère que le sens desdites catégories demeure essentiellement inchangé, soit de le dissoudre si leur sens évolue considérablement de façon à prendre en compte les révolutions successives qui le fondent. Ce projet vise à identifier l’étendue de la conversation sur les problèmes liés à la présence de technologie nucléaire dans le monde par-delà les cadres de l’historiographie classique. Il refuse a priori une limitation linguistique, disciplinaire, professionnelle, mais aussi les cadres pré-établis d’une histoire américano-centrée, bipolaire ou strictement nationale. Ce faisant, il entend remettre en question l’autorité des catégories nucléaires contemporaines dans la mesure où elle s’appuie pour une large part sur leur longévité. Soit cette longévité cache une flexibilité de ces catégories qui leur a permis de mieux rendre compte des différents changements radicaux qui ont eu lieu au fil du temps, et le paradoxe est réduit voire dissout, soit cette longévité cache une fixité du sens de ces catégories, de sorte que leur domaine de validité est affecté par certains de ces changements radicaux et le paradoxe demeure. Dans les deux cas, la longévité de ces catégories n’apparaît pas comme une raison suffisante pour leur octroyer l’autorité d’un vocabulaire et d’un cadre de pensée indépassables pour l’âge nucléaire.