La triple mort ou la condition mineure
Ce n’est pas de musique mais de théâtre qu’il s’agit. La première de Requiem pour quatre mineurs est donnée à la salle des fêtes de Champagney, en Haute-Saône, le 29 juin 1974. L’histoire minière du bassin houiller de Ronchamp-Champagney est alors terminée depuis près de vingt ans et, dans l’entre-...
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| 1. Verfasser: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
2019
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Ce n’est pas de musique mais de théâtre qu’il s’agit. La première de Requiem pour quatre mineurs est donnée à la salle des fêtes de Champagney, en Haute-Saône, le 29 juin 1974. L’histoire minière du bassin houiller de Ronchamp-Champagney est alors terminée depuis près de vingt ans et, dans l’entre-temps, ici comme ailleurs, l’image du mineur a été amplement modifiée. Les cinq actes de la pièce s’ordonnent selon la chronologie d’une catastrophe advenue au puits de l’Étançon, en décembre 1950. Pour autant, le propos n’est pas de reconstitution et les galeries inondées restent invisibles. La fiction produit une autre réalité et tisse son cadre d’analyse où elle convoque humains et choses en situations, elle installe ses modalités de véridiction. Il y est question d’un autre montage de l’histoire et de l’établissement de formes nouvelles de distribution des vies dans le temps, de la fabrication d’esprits assujettis, de la domestication par le travail puis la consommation, de l’exercice de la domination dans une démocratie de marché. Mais aussi d’une échappée possible, l’exercice critique semble emprunter à Sartre, Lefebvre, Ellul ou encore Gorz. Alors, « l’accident de l’Étançon » est autrement présent, au-delà des collections de photos, des coupures de presse, de tous les documents produits comme des monuments à l’activité disparue et aux morts qu’elle a provoquées. Il prend une autre tournure, pour ce qu’il est mais aussi comme une surface de réfraction de la pensée d’une autre catastrophe à l’œuvre, d’un à-venir ou d’un déjà-là. |
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