Portrait du guerrier indigène en soldat de la République : un essai d’étude visuelle (1870-1918)

Cet article, qui s’inscrit dans le prolongement des travaux des visual studies anglo-saxonnes, explore la manière dont l’étude de sources iconographiques permet de renouveler l’approche textuelle traditionnelle des troupes françaises d’outre-mer au xixe et au début du xxe siècle, à travers une sé...

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Päätekijä: Soubrier, Stéphanie
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2018
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Cet article, qui s’inscrit dans le prolongement des travaux des visual studies anglo-saxonnes, explore la manière dont l’étude de sources iconographiques permet de renouveler l’approche textuelle traditionnelle des troupes françaises d’outre-mer au xixe et au début du xxe siècle, à travers une série d’exemples. L’analyse d’un abondant corpus de documents iconographiques conservés dans les archives de l’armée et de la société de Géographie, qui soulève certains problèmes méthodologiques spécifiques, permet néanmoins de souligner la manière dont les représentations des tirailleurs coloniaux au xixe siècle ont repris certains codes de la photographie anthropologique de l’époque précoloniale. La manière dont les tirailleurs coloniaux sont représentés oscille cependant, tout au long du xixe siècle, entre la volonté de singulariser, qui s’incarne dans le genre du portrait, et celle de représenter non pas un individu, mais un groupe, qui donne naissance au type racial. Elle témoigne également de la grande variété des regards portés par les colonisateurs sur les tirailleurs, qui ne sont pas réductibles à une simple volonté de domination. Au tournant du siècle, apparaît un nouveau type, le « type tirailleur », largement diffusé en métropole par le biais de cartes postales et de vignettes publicitaires. L’apparition de ce type, qui reprend certaines des conventions de la photographie anthropologique du début du xixe siècle, révèle également, en filigrane, le discours élaboré par les Français sur les vertus « civilisatrices » du service militaire en contexte colonial. Si l’immense majorité des sources utilisées émanent des colonisateurs, les portraits photographiques réalisés en studio par les soldats venus combattre en Europe lors de la Première Guerre mondiale peuvent contribuer à inverser le regard.