Nous représenter
En tant que jeune femme Rromni, j’ai fait l’expérience de l’impératif qui est adressé à quiconque naît Rrom dans les sociétés modernes : cacher ce que nous sommes en public et ne pouvoir l’être que dans des ghettos cachés des Gadjés. Dès lors, pour apparaître publiquement, nous n’avons que deux opti...
Sábháilte in:
| Príomhchruthaitheoir: | |
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| Formáid: | Article ou chapitre numérique |
| Teanga: | Français |
| Foilsithe / Cruthaithe: |
2018
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| Ábhair: | |
| Rochtain ar líne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Achoimre: | En tant que jeune femme Rromni, j’ai fait l’expérience de l’impératif qui est adressé à quiconque naît Rrom dans les sociétés modernes : cacher ce que nous sommes en public et ne pouvoir l’être que dans des ghettos cachés des Gadjés. Dès lors, pour apparaître publiquement, nous n’avons que deux options. La première consiste à haïr en soi son être Rromani autant que le hait le Gadjo afin de ressembler à ce dernier en cessant d’être Rrom. L’autre consiste à revêtir le masque humiliant de la représentation majoritaire avec l’espoir d’y trouver son intérêt. Ces deux possibilités enferment notre participation politique, à l’instar des enfants et jusqu’à récemment des femmes, dans un statut de mineur historique sans souveraineté qui n’agit ni ne s’exprime sans un tutorat majoritaire. Ma riposte consiste, à contre courant de la revendication du statut de victime historique et de nation pré-étatique empruntés encore une fois au catalogue des concepts majoritaires aliénants, à tâcher de construire notre participation politique et symbolique à partir de la réappropriation de ce qui nous représente suivant les moyens conformes à ce que nous sommes réellement : une multiplicité engagée historiquement dans des stratégies de résistance aux tentatives de destruction dont elle est l’objet dans l’histoire collective : esclavage, génocide, incarcération de masse. |
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