Je suis celui qui creuse dans la mémoire des choses enfouies

RésuméNous ne pouvons pas retourner au passé, ni l’évoquer à partir de ce qu’il en reste. Dans le présent autour de nous il n’en demeure rien de directement reconnaissable, si ce n’est une carcasse vide où nous seuls savons que « cela a été ». Ce qui reste est enfoui, à l’état de loques et d’épaves,...

Full beskrivning

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Bibliografiska uppgifter
Huvudupphovsman: Olivier, Laurent
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Français
Publicerad: 2017
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:RésuméNous ne pouvons pas retourner au passé, ni l’évoquer à partir de ce qu’il en reste. Dans le présent autour de nous il n’en demeure rien de directement reconnaissable, si ce n’est une carcasse vide où nous seuls savons que « cela a été ». Ce qui reste est enfoui, à l’état de loques et d’épaves, sous la surface de la conscience, dans les profondeurs du rêve ou dans l’épaisseur du sol. Il n’y a rien d’autre, de sorte que le rêve devient pour nous la seule expérience du passé – sa véritable survivance en temps réel – dans la mesure où le présent est le lieu où le passé subsiste, à l’état de ruine enfouie. Ce n’est qu’avec ces débris souillés ou desséchés, scellés dans les ruines englouties du passé, que nous pouvons conserver un contact avec notre passé disparu. Mais cette identité « originelle » du passé est perdue, ou plutôt elle n’existe plus qu’ensevelie et défaite. Elle est irrémédiablement changée avec le temps, qui nous la rend toujours plus inaccessible et incommunicable. Des lieux abandonnés, jonchés de loques et de débris, dont la présence n’en finit pas de travailler notre présent : l’archéologie n’a pas d’autre place que celle-là.