Dire l’inceste
Cet article envisage l’affaire Nozière comme un moment où, dans le cadre d’une procédure judiciaire pour parricide, une parole sur l’inceste a été tenue. Cette parole, que peut en dire l’historien et que lui apprend-t-elle ? Comment peut-il en faire un objet d’histoire ? Comment doit-il l’aborder et...
Saved in:
| Main Author: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
2016
|
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Cet article envisage l’affaire Nozière comme un moment où, dans le cadre d’une procédure judiciaire pour parricide, une parole sur l’inceste a été tenue. Cette parole, que peut en dire l’historien et que lui apprend-t-elle ? Comment peut-il en faire un objet d’histoire ? Comment doit-il l’aborder et quelles questions doit-il se poser ? Reprenant le dossier d’une affaire judiciaire fameuse des années trente, cet article montre d’abord, à travers une étude des représentations de l’inceste, des auteurs ainsi que des victimes des violences sexuelles, la force du tabou qui a frappé la parole sur l’inceste, objet d’une occultation judiciaire et sociale durable. À travers une réflexion épistémologique, méthodologique et déontologique, il discute ensuite la position de l’historien face à la parole sur l’inceste : l’historien doit-il, dans cette affaire, cantonner son étude aux représentations et à la réception de la parole sur l’inceste ou au contraire doit-il envisager l’inceste comme un fait en se demandant si Violette Nozière a dit vrai ? L’article soutient que la réalité ou non de l’inceste est une question historique légitime et que refuser de la poser, c’est risquer de répondre à l’interdit du dire social par l’interdit du dire historique et d’abriter le tabou derrière des positions scientifiques. |
|---|