Le risque, pour l’historien désireux de comprendre le passé, de savoir ce qui est advenu après la période qu’il étudie

RésuméAu xixe siècle, le développement d’une presse musicale spécialisée et la présence dans la plupart des quotidiens et des revues de feuilletons dédiés à l’actualité musicale ont multiplié les occasions de controverses artistiques. Celles-ci ont été généralement étudiées d’un point de vue exclus...

Ausführliche Beschreibung

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Bibliographische Detailangaben
1. Verfasser: Corbin, Alain
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2015
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:RésuméAu xixe siècle, le développement d’une presse musicale spécialisée et la présence dans la plupart des quotidiens et des revues de feuilletons dédiés à l’actualité musicale ont multiplié les occasions de controverses artistiques. Celles-ci ont été généralement étudiées d’un point de vue exclusivement esthétique. À partir d’une querelle sur la nature de la musique liturgique et plus précisément sur le style idéal de la musique d’orgue à l’église déclenchée en 1856 par le plus célèbre critique musical du moment, François-Joseph Fétis, cet article met à jour la nature complexe de la critique musicale, en prise directe avec des intérêts financiers parfois considérables alors qu’elle proteste sans cesse de son désintéressement.Le décalage entre discours public et commerce de l’art est particulièrement frappant dans les correspondances privées. Dans le cas étudié, les manœuvres occultes d’Aristide Cavaillé-Coll, chef d’une manufacture d’orgue parmi les plus prospères d’Europe pour imposer tel ou tel artiste lors de l’inauguration de l’un de ses instruments, déterminent les prises de position dans l’espace public de la plupart des acteurs du scandale déclenché par Fétis. Ainsi, ce qui semblait une pure controverse esthétique s’avère sous-tendu par une économie du jugement qui ne s’élabore pas seulement dans la solitude du cabinet du critique mais est la résultante d’un jeu de forces en prise directe avec le marché des biens musicaux.