Peut-on entendre Sarah Bernhardt ?
« Nous pouvons écouter des sons enregistrés dans le passé, mais nous ne pouvons prétendre que nous savons exactement ce qu’était l’audition à un moment ou en un lieu particulier du passé. À l’époque de la reproduction technologique, nous pouvons parfois faire l’expérience d’un passé audible, mais no...
Сохранить в:
| Главный автор: | |
|---|---|
| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
2013
|
| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Итог: | « Nous pouvons écouter des sons enregistrés dans le passé, mais nous ne pouvons prétendre que nous savons exactement ce qu’était l’audition à un moment ou en un lieu particulier du passé. À l’époque de la reproduction technologique, nous pouvons parfois faire l’expérience d’un passé audible, mais nous ne pouvons que présumer l’existence d’un passé auditif. »Ce constat formulé par Jonathan Sterne dans The Audible Past (2003), nous avons pu en vérifier la validité et l’importance dans le cadre d’une recherche internationale consacrée au « son du théâtre ( xixe- xxie siècles) » étudié à partir des tout premiers enregistrements. Les enseignements les plus riches nous sont venus d’un séminaire de formation spécifiquement dédié aux archives sonores et largement fondé sur des exercices d’écoute. Le premier des enseignements est que la plupart de ces archives laissent croire aux auditeurs qu’elles sont immédiatement audibles. Le meilleur exemple, le plus célèbre, est celui de la grande Sarah, dont les enregistrements de Phèdre ont été souvent commentés. Les chercheurs les plus avisés mettent leur déception (fréquente) sur le compte du phonographe. En nous appuyant sur un corpus de phonogrammes théâtraux, nous nous intéresserons aux caractéristiques originales des documents audio, à leur double rapport intense et au passé et au présent, avant de proposer les règles d’une écoute historicisée. |
|---|