Le Tribunal pénal international doit-il faire l'événement ?

RésuméC’est dans le contexte du conflit de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 que s’institue le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Héritier des principes posés une cinquantaine d’années plus tôt aux procès de Nuremberg (1945), il vient incarner ce « rêve universaliste » d’...

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Bibliografski detalji
Glavni autor: Vanneau, Victoria
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2011
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:RésuméC’est dans le contexte du conflit de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 que s’institue le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Héritier des principes posés une cinquantaine d’années plus tôt aux procès de Nuremberg (1945), il vient incarner ce « rêve universaliste » d’une justice qui implique non plus seulement la communauté mondiale, mais bel et bien la communauté internationale. Sa mission est double : assurer la paix et œuvrer à la réconciliation des peuples par le droit. Ainsi né de la pression des médias et du trouble de l’opinion publique, hanté par le souvenir du génocide nazi, investi du principe kantien de publicité, le Tribunal porte, dans son existence même, l’exigence de rendre justice mais aussi de se rendre maître des usages publics et des effets symboliques que son activité produit. Autrement dit, pour mener à bien ses objectifs, juges et procureurs doivent dépasser le strict cadre de leurs prérogatives judiciaires pour donner une visibilité particulière à leur action démocratique. Le Tribunal s’entoure alors de moyens de communication importants (site Internet, retransmission des procès, etc.), destinés autant à informer qu’à sensibiliser et à se rendre présent sur les scènes internationale et nationale. En s’efforçant de faire événement au moyen d’un ambitieux programme de sensibilisation du public, en déployant une pédagogie événementielle pour forger un espace commun d’intellection et d’appropriation de son activité justicière, le TPIY a su s’imposer comme une « Justice pour l’Histoire », pesant ainsi sur le façonnement de la mémoire collective et, à partir d’elle, sur la reconstruction des identités nationales.