Le match et la grève, ou les usages militants de l'événement (années 1970)
RésuméLes années 1970 forment en France un âge d’or des luttes. Dans les usines notamment, la décennie, marquée par une densification des conflits, inaugure de nouvelles manières de faire grève qui, aux formes plus traditionnelles, mêlent les journées « portes ouvertes », les sit-in, les visites méd...
Sparad:
| Huvudupphovsman: | |
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| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
2011
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | RésuméLes années 1970 forment en France un âge d’or des luttes. Dans les usines notamment, la décennie, marquée par une densification des conflits, inaugure de nouvelles manières de faire grève qui, aux formes plus traditionnelles, mêlent les journées « portes ouvertes », les sit-in, les visites médiatisées de l’usine occupée, les concerts ou encore les manifestations sportives. Destinées à faire de la grève un événement, ces opérations témoignent à leur façon de l’avènement d’une véritable morale événementielle de l’action collective, tout entière travaillée par le souci de se rendre maître des représentations publiques du conflit, et de faire de lui une cause, propre à toucher, à concerner ou à mobiliser « l’opinion ». Marquée par l’exemple accompli de Lip, la longue grève des métallos de l’usine Rateau à La Courneuve (janvier-avril 1974), menée sous l’aiguillon de la CGT, constitue un bon laboratoire. Les archives du conflit témoignent de l’horizon événementiel que les grévistes ont alors donné à la conduite de leur lutte. Dans et hors de l’usine, mobilisant les ressorts locaux et nationaux de l’indignation, ils multiplient les performances publiques : manifestations de rue, bien sûr, mais aussi conférences de presse, exposition, match de football et concert de soutien. Faisant en sorte qu’il se passe toujours quelque chose et prenant soin de conformer leur action aux sensibilités événementielles du moment, ils s’emploient à faire parler de la grève et à lui donner du prix sur le marché des faits médiatiques. La grève des Rateau invite ainsi l’historien sur les traces d’une culture militante de l’événement ; elle autorise aussi de dessiner les contours d’une séquence historique qui voit l’événement s’affirmer parmi les modes d’organisation privilégiés du monde social. |
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