Fixer l'événement
RésuméAujourd’hui considéré comme événement historique, Mai 68 en France est connu pour et par ses icônes photographiques. « Fixer l’événement » : l’icône survient comme sa saisie visuelle dans l’évidence de son lien avec lui ; celle restée dans les mémoires aussi, attachée parfois au nom d’un photo...
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
2011
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | RésuméAujourd’hui considéré comme événement historique, Mai 68 en France est connu pour et par ses icônes photographiques. « Fixer l’événement » : l’icône survient comme sa saisie visuelle dans l’évidence de son lien avec lui ; celle restée dans les mémoires aussi, attachée parfois au nom d’un photographe désormais célèbre. Mais les photographies ainsi convoquées sont issues du photojournalisme, c’est-à-dire d’un système médiatique. Ces « images qui ont fait l’histoire » répondent aux mécanismes complexes d’un tel système ; en l’occurrence, celui de la presse magazine. Déplacer la question de la photographie au photojournalisme permet d’en décrire les instances : les photographes mais aussi les agences de photographie – productrices des images – et les rédactions presse – consommatrices. Dans le récit culturel porté par la doxa professionnelle, les différents acteurs que regroupe ce que l’on a pris l’habitude de nommer « le photojournalisme » sont mal connus et souvent ramenés à la seule figure professionnelle du photographe. La fabrication des images et leur valorisation dans les agences, comme les mécanismes qui régissent leur usage et leur gestion dans les rédactions presse restent confidentielles au milieu. Mai 68 coïncide avec les débuts d’une période aujourd’hui idéalisée par la profession. Les événements se déroulent sur plusieurs semaines et permettent d’observer les réactions médiatiques à leur égard sur une durée donnée. En tenant compte de la fragilité d’archives lacunaires, il est possible de reconstituer la chaîne professionnelle par laquelle se construisent les images des événements, avant de parvenir au lecteur, insérées dans une publication. Cette description permet de poser des jalons quant à la gestion quotidienne par les entreprises du photojournalisme, des événements des mois de mai et juin 1968 : l’événement ne se présente pas comme tel mais se construit au jour le jour, de la production de ses images à sa fixation, par la publication, d’un récit médiatique. |
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