Un historien et l'ethnologie

RésuméAu sein du bestiaire fantasmagorique de la littérature, la « Vache Enragée » tient une place à part, mi camarde, mi incarnation des champs du départ, des débuts dans la vie. On la « saute », on la fuit, on la « tire par la queue »... Sa représentation devient au xixe siècle une figure embléma...

תיאור מלא

שמור ב:
מידע ביבליוגרפי
מחבר ראשי: Agulhon, Maurice
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: 2009
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
תיאור
סיכום:RésuméAu sein du bestiaire fantasmagorique de la littérature, la « Vache Enragée » tient une place à part, mi camarde, mi incarnation des champs du départ, des débuts dans la vie. On la « saute », on la fuit, on la « tire par la queue »... Sa représentation devient au xixe siècle une figure emblématique de la vie de Bohème mordue à l’eau forte par la plume de Murger, puis par le pinceau des dessinateurs satiriques. Autre symbole charivarique, le bœuf gras constitue le centre des processions carnavalesques remises au goût du jour dans le Paris du Second Empire.Les deux bestioles finissent par entrer en concurrence à la fin du siècle par le biais d’une trouvaille de la bohème « montmartroise ». Décidés à utiliser la vogue des cortèges satiriques pour aller en direction du public, à même le pavé, les artistes organisent une procession charivarique originale, une part des futurs spectateurs étant convoquée pour la réalisation des chars artistiques. Ainsi naît la « Vachalcade », réincarnation improbable de la Vache Enragée, sollicitée en 1896 et 1897 pour incarner à la fois la « dèche » artistique et la vocation « populaire » de ses desservants. Ces deux processions assez inédites connurent un succès considérable jusqu’à susciter nombre articles à l’étranger. La conclusion fut une déroute financière, un « Bal du déficit » étant monté en urgence afin de renflouer la caisse. Cette tentative, malgré son échec, témoigne d’un certain nombre d’enjeux liés à la condition du dessinateur de presse et au statut du genre satirique de large diffusion, un peu avant l’exposition universelle de 1900.