Une évidence d'État : la famille
RésuméSi la famille s’est imposée et continue à le faire avec tant de force comme matrice de schèmes structurant la vision du monde social, loin d’y voir l’effet de nécessités anthropologiques, c’est, au contraire, dans ce qui est au principe de cette vision, la structuration de l’ordre politique, q...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2000
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | RésuméSi la famille s’est imposée et continue à le faire avec tant de force comme matrice de schèmes structurant la vision du monde social, loin d’y voir l’effet de nécessités anthropologiques, c’est, au contraire, dans ce qui est au principe de cette vision, la structuration de l’ordre politique, que les structures familiales se voient reconnaître le fondement en apparence naturel de toutes choses, notamment de la chose publique : la famille, en effet, peut d’autant plus apparaître comme le fondement naturel de l’ordre politique qu’elle est, elle-même, perçue selon les catégories selon lesquelles l’ordre politique est construit. On en a un exemple dans la constitution sinon de deux sciences, au moins de deux savoirs d’État qui ont la famille, son fondement, sa définition et sa finalité, pour objets. D’une part, la généalogie qui dans la formation et le fonctionnement de l’État dynastique participe directement à l’imposition légitime d’un mode de gestion légitime du pouvoir politique, notamment son maintien et sa perpétuation. D’autre part, la démographie qui, dans un état bureaucratique, s’intègre en continuité immédiate avec le mode de gestion et d’encadrement rationalisé des populations, typique des États modernes. Ces deux formes de savoirs participent du système d’instruments grâce auxquels une unité sociale s’objective dans des objets impersonnels qui la symbolisent, notamment l’État, et s’incorporent à des structures mentales qui la pensent et la représentent. Ce n’est pas un hasard si au cœur même de ces deux disciplines, qui ont pour objet la reproduction de la structure sociale, se retrouve, dans des configurations historiques pourtant fort différentes, la problématique de l’héritage et de l’hérédité. Elles contribuent, chacune à leur manière, à consolider l’unité collective et à en assurer la conservation, une des médiations étant le recours qu’elles font toutes deux au droit dont elles utilisent, réifient et éternalisent les catégories. |
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