Princes et bouffons : aspects du grotesque dans le théâtre de Shakespeare
RésuméChez Shakespeare comme chez Rabelais, les formes du grotesque sont variées et présentent une dualité essentielle : les bouffons et les personnages de farce semblent d’abord incarner ce « réalisme grotesque » que Mikhaïl Bakhtine définissait comme un principe subversif populaire de jouissance o...
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| Autore principale: | |
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2000
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | RésuméChez Shakespeare comme chez Rabelais, les formes du grotesque sont variées et présentent une dualité essentielle : les bouffons et les personnages de farce semblent d’abord incarner ce « réalisme grotesque » que Mikhaïl Bakhtine définissait comme un principe subversif populaire de jouissance obéissant à un rire profanateur et libérateur ; cependant, le grotesque peut aussi adopter des aspects plus tragiques lorsque le principe de dérision ou de déformation prend une résonance inquiétante, comme avec l’humour grinçant d’un Hamlet méditant sur le crâne du bouffon Yorick. En rendant impossible toute interprétation univoque et rationnelle, le grotesque hamlétien fonctionne dans la pièce comme un principe d’opacification et d’indétermination. Comique ou tragique, le grotesque est lié dans l’œuvre de Shakespeare à la dialectisation de l’instabilité des signifiants et des valeurs établies. Il s’avère principe de dérision temporaire et anti-dogmatique qui, radicalisant l’excessif ou l’anormal, met en évidence la proximité de l’homme et de la bête et la nécessité d’une reprise en main rationnelle et morale. Shakespeare semble bien mettre en œuvre une heuristique de la dérision qui donne au grotesque une fonction didactique aussi bien qu’esthétique. |
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