Un chanteur populaire : Yves Montand

De tous temps, les chansons populaires ont véhiculé des images « naïves » du peuple qui oscillaient entre la défiance affichée à l'égard d'un prolétariat méconnu et supposé dangereux et la condescendance accordée au serviteur candide. En France, ce n'est qu'après la Libération, d...

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প্রধান লেখক: Marcadet, Christian
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: 2000
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সংক্ষিপ্ত:De tous temps, les chansons populaires ont véhiculé des images « naïves » du peuple qui oscillaient entre la défiance affichée à l'égard d'un prolétariat méconnu et supposé dangereux et la condescendance accordée au serviteur candide. En France, ce n'est qu'après la Libération, dans un contexte social en recomposition, que ces stéréotypes évoluèrent vers de nouvelles valeurs plus proches de la réalité, censées refléter les préoccupations des couches populaires. Par l'affirmation originale du point de vue du monde ouvrier et par les thèmes développés, le répertoire d'Yves Montand en constitue la meilleure illustration. Pourtant, ce n'est qu'après une étude approfondie de l'origine sociale du chanteur et de la relation qu'il engageait avec son public qu'il est devenu possible de comprendre la signification profonde de cette représentation nouvelle du peuple. La démarche socio-sémiotique pratiquée ici et appliquée aux processus créatifs, performatifs et réceptifs des chansons, a permis de mettre au jour les enjeux sociaux et les valeurs qui structuraient en profondeur cette représentation. Une analyse de contenu de l'ensemble du répertoire de l'artiste, croisée avec la réception critique en son temps, est venue confirmer la vision résolument progressiste et positive désormais dévolue au peuple investi d'une mission historique. Les bouleversements politiques ultérieurs (Budapest, Mais-68) et le nouvel environnement de l'artiste viendront infléchir cet élan militant du jeune Montand et, dès les années Soixante, celui-ci choisit de recentrer son répertoire sur les thèmes les plus traditionnels du charme, des sentiments de convention et de la nostalgie. Ainsi, un engagement artistique potentiellement subversif avait-t-il pu être réintégré en douceur dans la logique du monde du spectacle, par essence consensuel et « politiquement correct ».