Le suicide en Beauce
En prenant l'exemple de l'Eure-et-Loir – un département à fort taux de suicides à la fin du XIXe siècle –, cet article propose quelques orientations de recherches pour appréhender les représentations de la mort volontaire en milieu rural à l'aide des constats de gendarmerie et de la...
Guardado en:
| Autor principal: | |
|---|---|
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
1998
|
| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | En prenant l'exemple de l'Eure-et-Loir – un département à fort taux de suicides
à la fin du XIXe siècle –, cet article propose quelques orientations de recherches
pour appréhender les représentations de la mort volontaire en milieu rural à l'aide
des constats de gendarmerie et de la « chronique départementale » de la presse
régionale : vécu de la violence de l'événement par les proches (stupeur, urgence du
temps, accablement, sentiment de culpabilité), perceptions du suicidaire (désespoir
et protestation, conscience de l'interdit), représentations de la communauté villageoise (les manifestations du syndrome de « glissement » expliquent le geste en
évitant le procès du village), image donnée par la presse locale (fréquence du
compte rendu placé au rang de fait divers ordinaire). Le texte suggère qu'à cette
époque et dans cette région, à la fois marquée par l'individualisme et la fréquence
du geste, le suicide est banalisé, perçu presque comme une mort ordinaire, conclusion logique et attendue d'un état antérieur de « mort sociale ». Ceci a pour effet
d'atténuer fortement sa violence accusatrice et la réprobation qui lui est liée, les
seules réserves se manifestant dans les milieux catholiques. Une comparaison avec
d'autres régions et surtout une étude sur le long terme devraient permettre de tester
l'hypothèse que la violence perçue du suicide est étroitement liée au degré de cohésion de la communauté rurale.
|
|---|