Les noctambules parisiens
Des années 1820 aux années 1860, la nuit parisienne est un territoire de conquête pour la modernité et la rationalité urbaines. Sa domestication progressive par l'artifice technique et par le regard policier visent à rendre la rue nocturne plus vivable. Le noctambulisme élégant des viveurs et...
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| প্রধান লেখক: | |
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| বিন্যাস: | Article ou chapitre numérique |
| ভাষা: | Français |
| প্রকাশিত: |
1997
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| অনলাইন ব্যবহার করুন: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| সংক্ষিপ্ত: | Des années 1820 aux années 1860, la nuit parisienne est un territoire de conquête
pour la modernité et la rationalité urbaines. Sa domestication progressive par l'artifice
technique et par le regard policier visent à rendre la rue nocturne plus vivable. Le noctambulisme élégant des viveurs et des dandies y rencontre, dès la monarchie de Juillet
l'animation, le luxe et le confort nécessaires à la pratique euphorique d'une vie à
contretemps. Tandis que la majorité des Parisiens, bourgeois frileux ou ouvriers écrasés par la longueur de la journée de travail, s'effacent de la scène citadine en consacrant
leurs nuits au sommeil et en se repliant dans l'espace privé, les lieux publics sont investis par une minorité voyante de jouisseurs qui voient dans la nuit non pas un temps
mort, mais le comble du temps libre, le support d'une recherche de la distinction oisive. La ritualisation des parcours distingués sur le Boulevard, et même l'encanaillement
que l'on va chercher dans les cabarets des Halles centrales, font de la nuit le temps
suprême de l'hédonisme dont la capitale est devenue le centre. Dans le même temps,
une bohème rêveuse se plaît à l'exploration des dessous ombreux de la grande ville, et
revendique la libre déambulation dans un Paris obscur qu'elle craint de voir « désenchanté » par la banalisation des usages de la nuit festive et par la normalisation de l'espace public : elle est condamnée à une réinvention permanente de l'insolite parisien.
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