Les prisons d'enfants

Créés par Ducpétiaux en 1840, les pénitenciers pour jeunes délinquants se proposent de punir des enfants coupables et de les redresser. Les écoles de réforme pour enfants vagabonds et mendiants, ouvertes en 1848, mettent davantage l'accent sur la moralisation. Cinquante ans plus tard, le cons...

全面介紹

Enregistré dans:
書目詳細資料
主要作者: Dupont, Marie-Sylvie
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: 1996
在線閱讀:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
實物特徵
總結:Créés par Ducpétiaux en 1840, les pénitenciers pour jeunes délinquants se proposent de punir des enfants coupables et de les redresser. Les écoles de réforme pour enfants vagabonds et mendiants, ouvertes en 1848, mettent davantage l'accent sur la moralisation. Cinquante ans plus tard, le constat d'échec des méthodes mises en œuvre par ces institutions, basé sur les statistiques de récidive, produit une nouvelle catégorie d'enfants : les incorrigibles – ou incorrigés. En même temps, les critères du Code pénal, fondés sur la notion de discernement et de responsabilité, sont mis en cause. Un nouveau regard est porté sur l'enfance malheureuse ; un nouveau concept apparaît, celui d' « enfants moralement abandonnés », et dont le seul tort est d'être nés dans un milieu défavorisé. Les critères sociaux prennent le pas sur les catégories pénales et engendrent un nouveau type d'institution : les écoles de bienfaisance (1890). Sur le plan des principes, on assiste à une révision profonde des théories et des méthodes éducatives : on passe de la punition à la protection et à l'éducation proprement dites. Mais, sur le plan des pratiques, les institutions carcérales ne se transforment guère. Il faut attendre la loi de 1912 sur la protection de l'enfance, la déchéance de la puissance paternelle, la création des tribunaux pour enfants et la mise en liberté surveillée pour voir se dessiner une nouvelle politique.