Leçons des évaluations d’impact sur la santé pour élaborer des politiques favorables à la santé

L’épidémie de Covid-19 est l’occasion de rappeler en quoi la santé en prison sur le continent africain reste un parent pauvre du système carcéral. Au-delà des difficultés de prise en charge posées par la Covid-19 en détention, les infirmeries des établissements pénitentiaires, quand elles existent,...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Prif Awdur: Clavier, Carole
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2021
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:L’épidémie de Covid-19 est l’occasion de rappeler en quoi la santé en prison sur le continent africain reste un parent pauvre du système carcéral. Au-delà des difficultés de prise en charge posées par la Covid-19 en détention, les infirmeries des établissements pénitentiaires, quand elles existent, sont rarement intégrées dans les faits au système sanitaire. Les administrations pourvoient peu aux besoins vitaux des détenus. Les carences alimentaires sont fréquentes, les maladies de peau récurrentes et les détenus dépendent le plus souvent des moyens financiers de leurs familles ou d’ONG lorsqu’il s’agit d’accéder aux soins. L’illégitimité sociale de la population des détenus et la réticence des États à proposer aux condamnés ce qu’ils ne garantissent pas à la population générale sont deux arguments mis en avant pour justifier ce qui s’apparente à une nécropolitique. Parallèlement, les acteurs internationaux intervenants en prison ciblent essentiellement les pathologies à potentiel épidémique, contraints par des sources de financement (UNAIDS, Fonds Mondial) soutenant des stratégies de santé à l’échelle populationnelle. On voudrait ici revenir sur ces deux logiques et développer un argument pour une approche décloisonnée de la santé en prison. Au-delà de la reconnaissance de l’expérience sanitaire individuelle et du souci épidémiologique, traiter globalement de la santé en prison participe du rétablissement de la dignité et des droits du détenu par l’État, condition nécessaire à l’entretien de la citoyenneté par-delà l’enfermement.