Des « remèdes naturels » mais sans preuves scientifiques ! Ethnographie des logiques structurant la prescription des phyto-médicaments par les médecins au Burkina Faso
Introduction : Depuis les années 1970, l’OMS prône la valorisation des médicaments issus de la médecine « traditionnelle ». Au Burkina Faso, malgré une volonté politique de promotion des phyto-médicaments, leur prescription par les professionnels de santé reste faible. L’objectif de cet article es...
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| Autori principali: | , , |
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2019
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Introduction : Depuis les années 1970, l’OMS prône la valorisation des médicaments issus de la médecine « traditionnelle ». Au Burkina Faso, malgré une volonté politique de promotion des phyto-médicaments, leur prescription par les professionnels de santé reste faible. L’objectif de cet article est de mettre en lumière les logiques qui sous-tendent les pratiques de prescription des phyto-médicaments par les médecins burkinabés. Méthodes : Inscrite dans une démarche qualitative, cette étude a été réalisée à Ouagadougou auprès de médecins généralistes et spécialistes. Les techniques mobilisées sont l’entretien individuel semi-directif et l’observation directe. Au total, 47 entretiens ont été réalisés au niveau de Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) et de centres hospitaliers universitaires (CHU). Résultats : Nos résultats montrent que les phyto-médicaments n’ont pas été inclus dans la formation initiale des médecins enquêtés. Les seules sources d’information pour les médecins sont alors les collègues, la famille, les patients ou encore les médias. Leurs perceptions de ce type de médicaments sont ambivalentes allant du « produit naturel » au produit exposant à un risque du fait du manque d’études. Les pratiques de prescription s’inscrivent principalement dans quatre logiques : expériences personnelles et professionnelles, jugement des patients, validation par des essais cliniques et prise en compte du risque iatrogène. Discussion : En l’absence de cadre académique fort, la connaissance des phyto-médicaments s’est acquise par voie informelle. Les normes et références techniques restant faibles, plusieurs logiques subjectives s’imposent dans la construction des pratiques de prescription. Conclusion : Au-delà des dimensions symboliques et subjectives expliquant la faible prescription des phyto-médicaments, notre étude invite à s’interroger sur la responsabilité politique et institutionnelle dans la faible intégration de la médecine traditionnelle dans le système de soins burkinabé. |
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