Une médecine mutualiste de transformation sociale au service du mouvement ouvrier à l’épreuve du tournant « lucratif » de la mutualité

L’article traite de la transformation de la « médecine mutualiste » exercée dans les centres de santé d’une union mutualiste départementale des Bouches-du-Rhône sous l’effet croisé, dans la tourmente de la libéralisation, de l’injonction à la rentabilité et de la séparation des missions assurantiell...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Carini-Belloni, Benoît
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2022
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Descripció
Sumari:L’article traite de la transformation de la « médecine mutualiste » exercée dans les centres de santé d’une union mutualiste départementale des Bouches-du-Rhône sous l’effet croisé, dans la tourmente de la libéralisation, de l’injonction à la rentabilité et de la séparation des missions assurantielles et sociales des mutuelles de santé. D’inspiration cégétiste et communiste, cette mutualité ouvrière a créé, dès la fin des années 1950, un réseau de centres de santé dans tout le département à l’initiative de médecins d’orientation marxiste, engagés dans le combat social à la recherche de nouveaux modes d’exercice médical, et de militants syndicaux cgt, alliés à des représentants mutualistes et à des municipalités de gauche souhaitant investir le terrain du droit à la santé et à sa protection. À partir des années 1980, face au recul de la Sécurité sociale et sous l’effet de la réglementation européenne de la concurrence, les impératifs gestionnaires et l’alignement sur la rhétorique entrepreneuriale de la mutualité ont progressivement modifié l’éthique solidaire, la vocation sociale et l’orientation préventive des centres de santé. Cette évolution profonde a poussé la mutualité, fragilisée par une baisse de ses adhérents consécutive à la montée du chômage et de la précarité, à adopter un mode de gouvernance plus opaque et moins démocratique débouchant sur une crise interne en 2012, dont l’élément catalyseur a été le passage à la rémunération à l’acte des médecins des centres.