Lorraine Daston, Against Nature, MIT Press, Cambridge, 2019, 96 p.
Les séries dystopiques coréennes diffusées sur les plateformes de VOD américaines sont devenues un phénomène culturel incontournable. Ce ne sont pas des k-dramas comme les autres. Ces derniers sont plutôt utopiques au service du néo-traditionalisme. Ce ne sont pas non plus des dystopies fatalis...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2023
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Les séries dystopiques coréennes diffusées sur les plateformes de VOD américaines sont devenues un phénomène culturel incontournable. Ce ne sont pas des k-dramas comme les autres. Ces derniers sont plutôt utopiques au service du néo-traditionalisme. Ce ne sont pas non plus des dystopies fatalistes à la manière des séries américaines récentes. Nous voudrions démontrer que ces séries coréennes internationales que nous qualifions de « dystopies de véridiction » recentrent le paradigme dystopique sur la falsification sociale généralisée et la quête de vérité comme antidote. Cela passe par la transfiguration subversive et imagée d’espaces stéréotypés accrédités par les autorités dominantes en espaces hétérotopiques de véridiction. Ce faisant, à travers une esthétique gore qui s’oppose à celle des « corps propres », elles remettent la mort au centre des enjeux d’un capitalisme mondialisé devenu mortifère. Réticentes devant le refuge éthéré du spiritualisme dominant la culture et les k-dramas, elles rappellent la matière même du corps souffrant sur lequel agit un capitalisme parvenu à son stade mortifère, un nécro-capitalisme. Ces corps, ceux des personnages, ne se « dividualisent » pas, au contraire, ils cherchent, loin des faux-semblants du monde, à renouer un lien, une nouvelle innocence, une solidarité indépendante des pouvoirs institués.
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