Raconter son infarctus. Le genre et la classe sociale dans les récits de symptômes

Cet article analyse les manières socialement différenciées par lesquelles les individus rendent compte, lors d’un entretien sociologique, des symptômes d’une pathologie. À partir d’une enquête par entretiens semi-directifs, il s’intéresse à des personnes ayant vécu une crise cardiaque (ou infarctus...

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Autore principale: Goudinoux, Jeanne
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2026
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Cet article analyse les manières socialement différenciées par lesquelles les individus rendent compte, lors d’un entretien sociologique, des symptômes d’une pathologie. À partir d’une enquête par entretiens semi-directifs, il s’intéresse à des personnes ayant vécu une crise cardiaque (ou infarctus du myocarde), pathologie dont les symptômes font l’objet d’une mise en catégorie genrée par l’institution médicale (symptômes « typiques » chez les hommes et « atypiques » chez les femmes). D’une part, le genre et la classe sociale façonnent conjointement les récits d’infarctus, par le vocabulaire et le registre employés, la précision des descriptions ou encore par l’importance accordée aux différentes sensations. D’autre part, le caractère rétrospectif des entretiens permet d’étudier comment les récits sont travaillés dans le temps, par des interactions genrées faisant intervenir les catégories de symptômes portées par l’institution médicale. L’article démontre ainsi l’impossibilité de réduire des descriptions orales de symptômes à des différences biologiques fondées sur le sexe, au risque d’une naturalisation des façons socialement construites de parler du corps.