Le Balzac de Rodin. Le ciseau et la plume

RésuméDans un contexte de crise littéraire, le monument à Balzac de Rodin (1891-1898) représentait un enjeu non négligeable pour les écrivains. La figure de Balzac, quelque peu oubliée après sa mort en 1850, était remise sur le devant de la scène en cette fin de siècle et commençait à jouer un rôle...

Szczegółowa specyfikacja

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Opis bibliograficzny
1. autor: Gaudet, Guillaume
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: 2012
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:RésuméDans un contexte de crise littéraire, le monument à Balzac de Rodin (1891-1898) représentait un enjeu non négligeable pour les écrivains. La figure de Balzac, quelque peu oubliée après sa mort en 1850, était remise sur le devant de la scène en cette fin de siècle et commençait à jouer un rôle actif dans les stratégies des jeunes écrivains. De fait, le moindre changement d’orientation de l’œuvre avait un impact considérable dans le champ littéraire. En effet, Balzac ne pouvait être revendiqué de la même manière par les écrivains selon que le sculpteur recherche la vérité matérielle de l’homme ou décide de recréer l’écrivain dans son imaginaire. Si, dans un premier temps, le programme naturaliste et respectueux des délais suivi par Rodin semblait annoncer un Balzac matériel et « rugueux »1 conforme aux conceptions de Zola, le sculpteur décevra les attentes de l’écrivain en s’engageant par la suite dans une création poétique émancipée du réel et du marché inspirée de celle de La Porte de l’Enfer. Celle-ci sera aussitôt revendiquée par la bohème et les écrivains symbolistes qui se déclareront poètes de concert avec le sculpteur auprès d’un lectorat de masse. Finalement, ces enjeux littéraires accompagnant – et parfois submergeant – la création du Balzac seront en grande partie responsables de la mauvaise réception de la statue auprès du public. Entre l’impatience de Zola pressé d’inaugurer et la croyance illimitée des poètes dans la création inspirée du sculpteur poète, les critiques naturalistes et symbolistes, trop occupés à défendre leurs intérêts dans cette guerre de chapelles littéraires, détourneront bien souvent la tête au moment de décrire et d’analyser la statue. Ils n’assureront pas la fonction élémentaire de la critique d’art, celle d’expliquer l’œuvre d’art au lecteur, alors même que celui-ci, jusque-là indécis, semblait peu à peu séduit par la progression du sculpteur et prêt à accepter, lors du Salon de 1898, la modernité en sculpture après l’avoir acceptée en peinture avec les impressionnistes.