« Taisez cette couleur que je ne saurais voir » : l’occultation du racisme
« Je ne vois pas de couleurs » apparaît aujourd’hui comme une posture morale amplement mobilisée lorsque l’on est confronté à la question du racisme. Des individus aux convictions si diverses qui vont de la gauche jusqu’à l’extrême-droite affirment leur aveuglement face à la couleur pour défendre le...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2021
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | « Je ne vois pas de couleurs » apparaît aujourd’hui comme une posture morale amplement mobilisée lorsque l’on est confronté à la question du racisme. Des individus aux convictions si diverses qui vont de la gauche jusqu’à l’extrême-droite affirment leur aveuglement face à la couleur pour défendre leur bonne réputation humaniste. Cela pose le problème de la prise en compte de l’importance historique, sociale et politique de la couleur qui a, encore à présent, des effets réels sur la vie des personnes racisées. Julien Bond le résume dans une formule synthétique : « Être aveugle à la couleur, c’est être aveugle aux conséquences de la couleur ». Cette panique morale qui consiste à nier la couleur emporte avec elle la reconnaissance de la question raciale. Reconnaître la couleur des autres oblige aussi à reconnaître celle qui est la sienne dans une société racialement hiérarchisée et à renoncer à une position privilégiée d’individu universel et objectif. |
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